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20

oct.

2010

Retraites, statut des députés et transparence :"Encore un effort, Monsieur Accoyer !"

Preuve que le travail des députés de l'opposition peut être utile, et fructueux s'il est relayé par une mobilisation populaire : sous la pression de cyber-citoyens, le Président de l'Assemblée tente d'éteindre la colère née du rejet de l'amendement déposé par François de Rugy qui visait à une réforme du régime de retraite des Parlementaires.

Petite chronique d'une exigence d'éthique qui commence à porter ses fruits...

 

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Le 3 septembre dernier, à l'occasion du débat sur les retraites, François de Rugy et ses collègues écologistes avaient déposé un amendement au projet de loi qui visait à l'alignement du régime de retraite des parlementaires sur le droit commun.

Dans l'indifférence générale, l'Assemblée Nationale avait refusé cette proposition : les députés UMP avaient voté contre, et parmi les députés présents en séance au moment de l'examen de cet article, seul François de Rugy avait voté pour.

Ce que la presse n'avait pas médiatisé, les réseaux Internet se sont chargés de le faire : depuis une dizaine de jours, sur de nombreuses listes de discussion, ainsi que sur certains médias du web, la vidéo de la séance et le fac-similé de l'amendement ont « tourné », déclenchant une multiplication de mails indignés adressés aux parlementaires.

Sous la pression citoyenne, et devant le tollé créé par la piteuse démonstration de corporatisme parlementaire de ses collègues de la majorité, Bernard Accoyer, Président de l’Assemblée nationale, vient d'annoncer que des propositions de réforme du système des pensions des députés seront soumises au bureau de l'Assemblée Nationale le mercredi 27 octobre.

Les député-e-s écologistes examineront avec intérêt ces propositions, qui, contrairement à ce que prétend le communiqué de Bernard Accoyer, n'avient toujours pas « été communiquées aux Présidents des groupes politiques » hier soir.

François de Rugy prend note de la prise en compte tardive d'une exigence éthique minimale par le président Accoyer.

Alors que l'Assemblée Nationale vient d'examiner, et d'adopter une réforme douloureuse pour des millions de Français, il était incompréhensible que ses membres s'exonèrent des efforts imposés à leurs concitoyens en laissant perdurer des statuts spécifiques particulièrement généreux dans leurs principes, et par ailleurs coûteux pour les finances publiques.

Membre du bureau de l'Assemblée Nationale, François de Rugy continuera à agir avec ses collègues pour ces réformes et pour promouvoir l'exemplarité de la République.

Il rappelle notamment qu'à ses yeux, le rétablissement de la nécessaire confiance entre les citoyens et leurs représentants appelle une action volontariste sur l'ensemble des éléments constituant le statut personnel et financier des parlementaires : obligation de publication des usages réalisés de l'indemnité de frais de mandats, clarification sur les situations de conflits d'intérêt d'ordre professionnel, déclaration publique et individuelle de l'ensemble des revenus tirés de l'exercice de fonctions politiques, alignement du régime d'assurance-chômage sur le dispositif général des salariés, ou encore publication du montant et de l'usage de la réserve parlementaire accordée à chaque député.

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Commentaires : 10
  • #1

    Pujo Bernard (jeudi, 21 octobre 2010 11:44)

    l'éthique! on devrait faire un cours de morale à l'assemblée! merci Monsieur DE RUGY.

  • #2

    david (jeudi, 21 octobre 2010 11:47)

    monsieur de rugy, vous avez toute mon estime, au moins un parlementaire logique, et honnête.

  • #3

    Arnaud (jeudi, 21 octobre 2010 11:53)

    M. de Rugy, c'est en lisant ce genre d'action que je recrois en l'homme politique comme représentant du peuple et non comme un corporatiste.

    Merci !

  • #4

    Stéphanie (jeudi, 21 octobre 2010 11:59)

    Je suis heureuse de voir que contrairement à ce que la plupart des citoyens pense, il y a des politiciens qui sont honnêtes et qui ont de véritables idéaux. Un grand merci.

  • #5

    Lebreton (jeudi, 21 octobre 2010 12:33)

    La pension des députés sera-t-elle totalement alignée sur le régime général ?
    Calcul de la décote, âge (67 ans) de liquidation d'une retraite à taux plein...

  • #6

    Karine (jeudi, 21 octobre 2010 17:05)

    Oui, enfin des démarches politiques honnêtes qui vont dans le sens du bien commun... Tous ces mots semblent avoir perdu toute consistance, toute substance depuis plusieurs années, sans que l'on s'en soit rendu compte brutalement. Le goût "amer" de la démocratie telle que chacun de nous la vivons aujourd'hui va nous rester longtemps dans la bouche. Et l'on lorgne du côté de l'Italie, en se demandant un peu fébrilement si l'on glisse, en France, vers un terrain aussi poisseux.
    Pourquoi ne pas porter au débat public également (mais comment faire au milieu de ce bourrage de crâne gouvernemental ?) l'imposture du discours sur la fin du régime des retraites.
    L'acharnement et la répétition de ce discours uniforme : "on ne peut plus financer un régime de retraite par répartition". Réflexion imparable que tous peuvent comprendre, et tellement faux !
    A nous d'aller creuser, de nous informer pour trouver des arguments moins simplistes...
    La solidarité ne serait plus viable... bizarre, bizarre...
    Quand par temps de véritable crise (guerre, reconstruction...) c'est la seule qui puisse venir à bout de situations désespérées.

    Vraiment, "Bravo" pour votre courage à venir contre-carrer ces mensonges sur les retraites parlementaires, énoncés dans le lieu de la représentation nationale !
    Et continuez, nous les "petits et moyens" avons besoin de voix non intéressées.

    Une enseignante de Loire-Atlantique.

  • #7

    Karine (jeudi, 21 octobre 2010 17:09)

    Je me permets un lien pour essayer d'y voir plus clair sur l'imposture du discours autour des retraites (mais l'émission est "engagée", cela la discrédite-t-elle ?) :
    http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1965

  • #8

    Thierry (vendredi, 22 octobre 2010 14:29)

    eh be c'est pas trop tot qu'un député parle d'éthique de sa fonction.
    Il faudrait élargir ce propos au salaire (je propose un salaire plafonné comme dans toute la fonction publique, sans primes, il n'y a aucune raison qu'on s'enrichisse au service de la nation !) et une fonction limité dans la durée et la répétition (pas + de 2 fois). Les années de représentation rentreraient dans la carrière comme travail, les députés ayant un métier en dehors de cette fonction temporaire.
    Mais, pour que le député ait les prérogatives de sa fonction (et non des privilèges), c'est la fonction présidentielle et celle de ministre qu'il faut revoir, pas de roi, pas de tyran, pas de godillots !

  • #9

    retraite des députés (vendredi, 29 octobre 2010 08:07)

    Voilà au moins un député qui en à....

  • #10

    PASCAL-OBERSON Gilbert (vendredi, 29 octobre 2010 20:24)

    Merci Monsieur de Rugy, on peut dire que vous méritez les suffrages de vos électeurs.
    Continuez.
    Juste une question: il me semble avoir vu et entendu que Bayrou vous suivait dans cette voie, est-ce vrai ?