Présidentielle : passer du "je" au "nous".

Après la déclaration de candidature présidentielle de Nicolas Hulot, FDR donne son point de vue sur la primaire écologiste, et en appelle à faire de cette étape une occasion de "renforcer et élargir" l'implantation militante de l'écologie politique en France.

 

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Dans sa longue déclaration de candidature présidentielle, Nicolas Hulot a exposé un constat que partagent un nombre croissant de nos concitoyens : celui de la concordance et du lien indissociable entre les crises financières, économiques et écologiques qui frappent nos sociétés.


La candidature de Nicolas Hulot n’est pas pour moi une surprise, puisque j’avais déjà eu l’occasion de constater sa détermination il y a deux mois.


Pour rebondir sur une de ses expressions, je sais d’expérience que l’engagement politique n’est inscrit dans nul "ADN" : il est toujours le fruit d’une réflexion individuelle nourrie de rencontres et de combats partagés. Mais je sais également qu’il ne trouve sa signification que dans le collectif.


S’il veut incarner l’écologie politique lors de l’élection présidentielle, Nicolas Hulot devra dépasser une simple force de conviction oratoire, d'ailleurs assez professorale et parfois un peu messianique. Il lui faudra inscrire son  évolution personnelle, qui semble sincère, dans une dynamique plus large : celle qu’ont su créer tous les militants et tous les sympathisants d’Europe Ecologie les Verts au cours de ces deux dernières années, en enchaînant trois succès électoraux, aux européennes, régionales et cantonales.


Chacun sait que mon choix se porte sur la candidature d’Eva Joly.

 

Parce que son cheminement personnel vers l’engagement politique – que Nicolas Hulot emprunte à son tour à moins d'un an de l'élection présidentielle – lui a permis d’acquérir une expérience précieuse de la vie des institutions, de l’action publique et des... campagnes électorales ! Elle s'est présentée en tandem avec Daniel Cohn-Bendit aux élections européennes et s'est ensuite mise au service du mouvement en soutenant les candidat-e-s aux élections régionales et cantonales.


Parce qu’elle participe depuis plusieurs mois aux réflexions collectives et à l’émergence de propositions : sur les conditions d’une vraie transformation écologique de l’économie, sur l’indispensable sortie du nucléaire, sur les institutions elle a affiné sa pensée, et est prête à proposer des pistes pour l’action.


Parce qu’elle est claire et sans ambiguïté sur la nécessité de construire un partenariat dynamique et équilibré avec les forces politiques qui, dans l’opposition depuis 2007 à Nicolas Sarkozy, veulent mettre un terme à une expérience traumatisante pour notre pays et pour l’esprit républicain.Parce qu’elle incarne au plus haut point, par ses expériences professionnelles, une attente forte : celle d’une réelle justice, égale pour toutes et tous, celle de la transparence financière, celle de l’exemplarité de comportement des responsables politiques.


Parce qu’elle porte concrètement, dans ses fonctions, et notamment par son combat contre les paradis fiscaux et son indépendance totale vis à vis des multinationales le refus des logiques de profit maximal et immédiat qui détruisent nos ressources naturelles, sapent notre économie et détruisent la cohésion sociale.


Parce que dans sa voix peuvent à mon sens se reconnaître beaucoup de celles et de ceux pour qui la France est un choix autant qu’un héritage. Son histoire personnelle incarne une réussite républicaine à laquelle les écologistes pourront redonner de l'éclat et du sens.

 

Parce qu’au « je » qui accompagne la présidentialisation excessive de notre vie publique, elle a clairement choisi de privilégier le « nous » : cela constitue à mon sens un véritable et nécessaire renouvellement des pratiques politiques.

 

Au-delà de mon soutien à Eva Joly, je pense sincèrement que la déclaration de candidature de Nicolas Hulot est une excellente nouvelle pour toutes celles et tous ceux qui pensent que l’écologie doit être placée au cœur de toute action publique.

 

Chacun sait que pour nous, l’élection présidentielle n’est pas un but en soi : la compétition de la primaire doit être l’opportunité de dégager et faire partager des idées nouvelles, d’affirmer la crédibilité de notre candidat-e, mais aussi de renforcer et d'élargir notre implantation militante partout en France. La démocratie ne peut vivre que par l’existence d’organisations politiques durables, qui incarnent et traduisent les aspirations de la société. Plus nombreux, nous seront plus forts. Plus divers, et plus ouverts, nous incarnerons au mieux la réalité de la société.

 

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Commentaires : 1
  • #1

    François (samedi, 30 avril 2011 19:30)

    Salut François

    En quoi Joly est-elle écologiste ?
    Et Hulot ? Sponsorisé par TF1 et EDF ?

    Dany ou Duflot, ok.

    Amitiés

    L'autre François