Sécurité routière : où est la cohérence ?

Comme tous les députés, FDR reçoit de nombreux messages concernant les mesures annoncées dans la précipitation et la confusion par le gouvernement en matière de sécurité routière.

Refusant le clientélisme et les réponses savamment adaptées aux points de vues de ses différents interlocuteurs, il a choisi de livrer son point de vue sur la question de manière globale, "que les interrogations portent sur la suppression des panneaux avertissant de la présence de radars, de linterdiction des dispositifs électroniques, quelles émanent de citoyens favorables à une plus grande fermeté vis-à-vis des infractions, ou dautomobilistes demandeurs de mansuétude."

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" Vous m’avez interrogé sur les mesures annoncées par le gouvernement en matière de sécurité routière, dont vous contestez certains points.

 

J'avoue être dans la difficulté pour vous répondre car la position du gouvernement change de jour en jour : entre les déclarations du Premier ministre, François Fillon, et celles de son ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, on a du mal à saisir la portée et le contenu des annonces gouvernementales. 

 

J’ai souhaité pour ma part répondre aux interrogations qui m’ont été adressées de manière générale : qu’elles portent sur la suppression des panneaux avertissant de la présence de radars, de l’interdiction des dispositifs électroniques, qu’elles émanent de citoyens favorables à une plus grande fermeté vis-à-vis des infractions, ou d’automobilistes demandeurs de mansuétude.

 

Le sujet de la sécurité routière est en effet un enjeu majeur, qui ne supporte pas à mon sens les réponses clientélistes ou de circonstance. J'ai de ce point de vue été particulièrement choqué des déclarations de certains de mes collègues de la majorité qui ont contesté les propositions gouvernementales, au prétexte que cela "mènerait à une défaite électorale". Ce n'est pas, à mon sens, à l'aune de petits calculs électoralistes que doit être définie notre politique de sécurité routière. De tels propos sont, face aux réalités dramatiques des victimes de la route, proprement déplacés et inconvenants.  

 

Je défends sur ces sujets un certain nombre de convictions depuis de nombreuses années (j'ai été adjoint au maire de Nantes en charge des transports et déplacements avant d'être député). Aujourd'hui, tout le monde, ou presque, est conducteur.

 

Et tout le monde sait que le respect des règles du code de la route est une discipline difficile à adopter : comme des millions de Français, j’ai moi-même été parfois « flashé » et il manque à ce jour 2 points à mon permis.

 

Mais cela n'entame en rien ma détermination à oeuvrer pour la sécurité, à commencer par la sécurité routière pour l'ensemble des usagers de la rue et de la route : piétons, cyclistes, cyclomotoristes, conducteurs ou passagers des voitures, des camions ou des bus... Ma conviction est qu'il n'y a pas de fatalité à cette mortalité routière, par ailleurs plutôt plus élevée en France que dans des pays aussi variés que les autres pays européens, le Japon ou les Etats-Unis d'Amérique.


Et il faut reconnaître aux gouvernements successifs, depuis 1989 et jusqu'à ces dernières semaines d’avoir, en la matière, engagé une politique courageuse, parce que parfois impopulaire, qui a porté en partie ses fruits.

 

Dans la panoplie des dispositions qui avaient été instaurées, le permis à points, l'abaissement du taux d'alcoolémie autorisé et le renforcement des contrôles sur le taux d'alcool dans le sang ou le respect des limitations de vitesse leur efficacité. Je me souviens d'une période pas si ancienne, où il y avait plus de 10 000 morts par an sur les routes de France, sans compter les blessés. Mais la première exigence pour la lutte contre cette hécatombe routière est la constance dans l'action.

 

Or, en modifiant très sensiblement, pour en atténuer l’effet dissuasif, les modalités de sanctions liées au permis à point à travers des amendements parlementaires démagogiques, l'actuelle majorité a pris, au début de cette année, un risque inconsidéré : celui d’adresser un message de retour en arrière qui s’est immédiatement traduit par une croissance du nombre d’accidents de la route, et de victimes. Conscient de cet effet désastreux – déploré unanimement – le gouvernement opère aujourd’hui une volte-face, et a annoncé dans la précipitation, une série de mesures que les associations de lutte contre la violence routière considèrent elles-mêmes comme inappropriées, car elles ne s’inscrivent pas dans une réflexion et un dispositif cohérents.  

 

L’annonce toute médiatique de la suppression des panneaux indicateurs de radars donne le sentiment d’une action spécifique et nouvelle, alors que chacun sait que leur dépose progressive ou le signalement de simples « zones de contrôles » – parfois plusieurs kilomètres avant le radar lui-même, étaient prévus de longue date.

 

Les volte-face du gouvernement sur la question font que l’on ne comprend plus rien à la logique poursuivie : elles donnent le sentiment de vouloir « piéger » les automobilistes, ou pire encore de prélever sans le dire une forme de nouveau « péage » routier. C’est insupportable, parce que la cause est juste, et qu’il est indispensable de s'assurer du respect des limitations de vitesse pour la sécurité de toutes et tous.

 

L’interdiction annoncée des systèmes détecteurs de radars traduit la même précipitation et la même confusion : elle produit des effets économiques brutaux pour les entreprises qui proposent ce type de prestations. Je ne serais pas étonné qu’encore une fois le gouvernement doive reculer devant les conséquences non anticipées de ses décisions annoncées, et que cette question – qui est pourtant légitime et doit être posée et tranchée – ne fasse les frais d’une impréparation coupable.  Il y avait en effet par ailleurs une grande hypocrisie à interdire l'usage des détecteurs de radars tout en tolérant la vente et même la publicité pour ces appareils !

 

La modification des comportements, et notamment l’assistance à la sécurité, sont des enjeux de sécurité publique, mais peuvent également être des sources de développement économique : les études financées par la sécurité routière ont mis en évidence notamment l’intérêt d’outils d’aide à la conduite intelligents, qui adapteraient en temps réel les limitateurs ou avertisseurs de vitesse aux vitesses effectivement autorisées sur chaque portion de route empruntée. Il y a là des opportunités de repositionnement technologique et économique intéressantes pour les entreprises qui produisent et commercialisent aujourd’hui les avertisseurs de radars dont le gouvernement envisage l’interdiction.

 

Et pourtant, malgré les demandes répétées des associations, le gouvernement n’a pas enclenché les aides nécessaires à la recherche-développement en la matière : voilà encore le signe d’une incohérence et d’un défaut d’anticipation. 

 

J'observe enfin que le gouvernement est totalement silencieux sur un des moyens majeurs de baisse du nombre d'accidents : l'aménagement durable de nos rues, routes et carrefours. Si nos routes étaient aménagées de façon cohérente avec les limitations de vitesse, il n'est alors plus besoin de multiplier les radars.

 

Je déplore que l'Etat et les collectivités locales délaissent les aménagements de sécurité routière dans leurs budgets au profit d'hypothétiques projets de routes nouvelles, qui non seulement coûtent plus cher mais qui en plus, incitent souvent à rouler... plus vite !

 

Pour finir, je crois aussi que le développement de transports en commun rapides et fiables permet de limiter la circulation, donc les risques d'accidents. Une politique dynamique et déterminée de réduction du transport de marchandises par camion au profit du rail jouerait également un rôle majeur pour la sécurité routière. Là aussi, l'Etat fait preuve d'une excessive... lenteur !

 

La contradiction avec les grands discours sur le Grenelle de l'environnement est malheureusement flagrante.

 

Sur ces questions de sécurité routière, il faut de la constance dans l’action, et de la cohérence.

 

L'agitation gouvernementale de ces dernières semaines montre que nous en sommes loin.

 

Pour ma part, et quelles que puissent en être les conséquences électorales, je continuerai à défendre le principe d’une politique rigoureuse et cohérente, qui vise un but unique : la sécurité de tous et toutes sur la route, pour éviter ces accidents toujours trop nombreux qui engendrent tant de morts ou de blessures irrémédiables qui pourraient être évitées par un meilleur respect, par chacun d’entre nous, des règles du code de la route."

 

 

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Commentaires : 1
  • #1

    Aredius44 (mercredi, 22 février 2012 14:40)

    Bonjour,

    Merci pour votre site. Je suis étonné de ne rien trouver sur la politique de développement de la bicyclette. Pourtant, Nantes, avec Velocampus et PAV fait des efforts.
    Je vous signale qu'à Nantes, je ne peux faire une sortie à vélo, sans rencontrer des automobilistes le téléphone portable à l'oreille. Le comble, rond-point de Paris, un automobiliste tournant en tapant sur son clavier d'ordinateur posé sur ses genoux.
    Autre chose. En Limousin, Périgord (je parle de ce que je connais), la politique d'introduction de chevreuils, cerfs etc. est un désastre écologique.
    1) ces animaux mangent les pousses d'arbres. La ronce remplace la forêt
    2) faire des plantations coûte une fortune car il faut protéger les plants. En conséquence, les feuillus disparaissent
    3) la plantation de sapin stérilise les sols
    Les étangs construits dans les années 50 - une mode chez tout propriétaire de terrain agricole - ont provoqué l'évaporation des eaux et leur réchauffement. On ne trouve plus de poisson dans les rivières. Le ruissellement venant des traitements des plantations de pommiers (dont l'Europe finance actuellement la publicité des produits limousins) participe à la pollution.
    Manifestement, les élus locaux, CG, Département, ne semblent guère se soucier de cette situation.
    Étonnant, n'est-ce pas aurait dit Desproges, natif de Châlus.

    Désolé de vous entretenir des ces choses si comment dire ...
    Salut et fraternité