mar.

30

août

2016

Réaction de François de RUGY à la démission d'Emmanuel MACRON

Cher Emmanuel, 

Tu souhaites innover, apporter une vision renouvelée de la gauche, en prise avec les réalités du temps, libérer ta parole de la nécessaire retenue à laquelle contraint l'appartenance à une équipe gouvernementale ? 

Vive la liberté, et bienvenue dans le débat ! 

Nous avons je crois des points de convergence sur l'engagement européen de la France, sur la lucidité face aux défis de la compétitivité de nos entreprises, sur l'inadaptation d'une partie de nos dispositifs sociaux qui ne protègent pas efficacement une partie de nos concitoyens de la précarité et du chômage, sur le blocage de l'ascenseur social surtout.

Nous avons aussi de quoi confronter des visions différentes sur la politique écologique et notamment énergétique du pays, sur le nucléaire ou le diesel, autant de sujets sur lesquels tu as jusqu'ici exprimé plus de conformisme que d'audace réformatrice. 

Alors oui, bienvenue dans le débat. 

Mais à une condition, faute de quoi ta décision d'aujourd'hui risquerait de n'être qu'un coup sans lendemain : cette condition, c'est la recherche du collectif. 

Si ton départ du gouvernement ne devait aboutir qu'à ajouter ton nom à une liste de candidats à la présidentielle, cela ne ferait qu'affaiblir le camp du progrès face aux réactionnaires extrémismes et à une droite en voie de radicalisation. 

Participer aux débats, les enrichir, oui. A condition de les trancher collectivement. C'est le rôle de la primaire.

Cette primaire de rassemblement de la gauche et des écologistes peut devenir, si tu t'y inscris au final, d'une manière ou d'une autre, celle du Progrès. 

Ce serait une excellente chose, tant l'expérience de ces dernières années nous prouve que faute de trancher ses débats, à force de privilégier les demi mesures et les synthèses acrobatiques, la majorité se rétrécit au risque de se dissoudre et de favoriser le basculement de la France dans l'inconnu. 

Alors, oui, bienvenue dans le débat ... Et dans l'action politique qui n'a de sens que si elle est collective et recherche, encore et toujours, le rassemblement.