16  mars 2017, une journée de visites de 2 entreprises industrielles à Concarneau et Douarnenez

Visite des Chantiers PIRIOU à Concarneau

Le 16 mars, je me suis rendu à Concarneau, dans le Finistère, où j'ai eu la chance de visiter un des sites des chantiers PIRIOU, entreprise spécialiste de la conception, de la construction et de la réparation navale pour des navires de taille moyenne (jusqu'à 120 mètres). Je connaissais cette entreprise de nom et de réputation, tant pour ses bateaux de pêche que pour ses bateaux à passagers (notamment pour l'île d'Ouessant!) mais aussi plus récemment pour ses réalisations militaires. J'ai contacté son PDG, Pascal Piriou, après avoir reçu comme carte de vœux un superbe livre retraçant les 50 ans d'existence et de réalisations de ces chantiers navals bretons. Je remercie Pascal Piriou d'avoir répondu rapidement à cette proposition de rencontre et d'avoir passé du temps pour me présenter les activités de son entreprise industrielle de taille intermédiaire.

Pascal PIRIOU m'a fait part de l'histoire des chantiers créés en 1965 et qui ont su évoluer, en alliant tradition du métier et diversification sectorielle. Auparavant spécialisés dans le domaine de la pêche artisanale et semi-industrielle, les dirigeants ont su réagir face à la crise de ce secteur pour recentrer leur travail dans les domaines du remorquage, du transport de passagers et de marchandises, de l'offshore pétrolier, du dragage ou encore de l'action de l'État en mer (marine nationale, surveillance côtière, recherche scientifique, lutte antipollution,…). En effet, l'avenir du groupe se dessine notamment à travers la commande publique. Les chantiers concarnois ont remporté plusieurs appels d'offres pour le ministère de la Défense. L'administration des Terres australes et antarctiques françaises a même commandé à PIRIOU son premier navire brise-glace polaire, l'Astrobale, actuellement en cours de construction.

Le dirigeant du groupe m'a également expliqué comment, sans jamais délocaliser, le groupe PIRIOU avait été amené à créer des sites au Nigeria, en Pologne, au Vietnam et en Algérie où il propose ses services aux armateurs publics et privés, civils et militaires.

J'ai ensuite eu la chance de visiter l'aire de construction et de réparation du chantier où j'ai pu toucher du doigt au sens propre et au sens figuré le savoir-faire et l'ampleur des constructions en cours : expérience toujours particulière de voir ces bateaux prendre forme à partir de plaques de tôle et de se retrouver sous la coque d'un bateau de plus de 70 mètres de long !

 

 

Visite de la conserverie CHANCERELLE à Douarnenez

À la fin d'un "dîner celtique" à Paris, il y a quelques mois, Jean-Francois HUG, PDG des conserveries CHANCERELLE était venu me sensibiliser à cette activité particulière et au développement de son entreprise.

Je lui avais fait la promesse de venir à Douarnenez visiter l'entreprise pour toucher du doigt la réalité de cette activité particulière. Promesse tenue Le 17 mars dernier. Au cours de cette nouvelle visite d'entreprise, j'ai eu l'opportunité de découvrir l'histoire passionnante des conserveries de Douarnenez, ville historique de l'appertisation des produits de la mer. Jean-François HUG et Laurence BLANLOEIL, la Responsable des relations Publiques, m'ont présenté avec passion l'histoire de la Maison CHANCERELLE qui est la plus ancienne conserverie de sardines dans le monde (elle a fêté ses 160 ans en 2013) et la seule encore en activité. Elle est à ce titre une entreprise importante de notre patrimoine.

Une large gamme de produits est aujourd'hui commercialisée sous la marque Connétable mais la Maison CHANCERELLE fournit également d'autres marques dont des marques distributeurs. 85% des produits sont destinés au marché Français.

Cette entreprise est restée une structure familiale (six générations de CHANCERELLE s'étant succédé à la tête de l'entreprise) et a su garder son savoir-faire ancestral. Ainsi, lorsque les portes de l'usine de conserves m'ont été ouvertes, j'ai notamment pu découvrir le savoir-faire remarquable de la sardine "à l'ancienne" pour lesquelles tout le processus de fabrication se fait à la main. Aujourd’hui encore, la délicatesse nécessaire à la préparation de ces petits poissons implique que ce travail soit  fait à la main. Il est quasi-exclusivement féminin. 65% des employés de La Maison CHANCERELLE sont d'ailleurs des femmes. À noter que le comité de direction est composé à 50% de femmes.

Ce groupe a également développé une stratégie moderne autour de trois principaux axes qui sont la qualité, le respect des exigences sociales et la gestion des ressources. Son engagement pour la pêche durable est d’ailleurs très important et le groupe CHANCERELLE a obtenu les 2ème et 3ème places du classement GreenPeace 2015 évaluant le respect de l’environnement des marques de thon en boîte. La Maison CHANCERELLE est par ailleurs le premier groupe à avoir obtenu le Label rouge pour ses conserves. Pêchées sur les côtes de Bretagne, les sardines sont certifiées ce qui garantit que la pêche s'est faite en petites quantités et au meilleur moment de la saison, la date de pêche et la traçabilité jusqu'au bateau étant visibles sur chaque conserve. Le groupe a également innové en proposant une gamme biologique dés 2001 avec sa marque "Le Phare d'Eckmül".

 

Après avoir découvert avec curiosité la chaîne de production des sardines ou des maquereaux en conserve et le processus d'appertisation, j'ai même pu déguster certains des nouveaux produits de la conserverie (manger des sardines peut donc se faire à l'heure du goûter !). L'entreprise ne cesse en effet de se renouveler en imaginant de nouvelles recettes, grâce au laboratoire de Recherche et développement, créé il y a cinq ans. Il y a même des boîtes de sardines millésimées que l'on peut garder sans limite dans le temps !