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31

oct.

2011

Des antennes relais qui posent question[s]

En lançant le Grenelle des ondes, en 2009, le gouvernement affirmait que les principes de transparence, d'information et de concertation des riverains et des municipalités allaient enfin être garantis.

 

Deux ans plus tard, la montagne a encore une fois accouché d'une souris, et les habitants qui voient s'implanter à proximité de leurs domiciles de nouvelles antennes ne savent toujours pas clairement vers qui se tourner pour faire aboutir leurs demandes d'information, et réétudier les installations prévues par les opérateurs. 

 

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Un débat "sans tabou", avaient promis les ministres. Un débat surtout sans objectivité réelle, puisque dès le début, le gouvernement assène SA vérité : "en l'état actuel des connaissances scientifiques, affirme le gouvernement, l'hypothèse d'un risque pour la santé pour les populations vivant à proximité des antennes relais de téléphonie mobile ne peut être retenue". Fermez le ban, il n'y a rien à voir...

 

Ce qui provoque le retrait de la discussion de plusieurs associations, qui ont travaillé avec des scientifiques, et ont tiré de ces études des conclusions beaucoup moins péremptoires...

 

Au final, la concertation débouche sur un texte sans réelle avancée, et une suite de recommandations sans portée opérationnelle. L’abaissement du seuil des antennes n'est présenté que comme un sujet d'expérimentations, et non comme un objectif. 

Faute de volonté politique de l'Etat, ce sont donc les maires qui se retrouvent en première ligne, entre des opérateurs qui veulent améliorer leur couverture du territoire pour répondre aux besoins des utilisateurs, et des populations - elles-mêmes utilisatrices - légitimement inquiètes de nouvelles implantations.

 

L'absence de clarté de la réglementation est telle que les conflits juridiques se multiplient : les municipalités qui souhaitent limiter les taux d'émissions sur leur territoire voient leurs décisions remises en cause par les préfets, ou attaquées par les opérateurs devant le conseil d'Etat.

 

Les maires se voient contraints de tenter de trouver eux-mêmes des arrangements avec les opérateurs : la ville de Nantes, en établissant une charte de bonne conduite, est l'une des pilotes en la matière : son action a permis de faire revenir les opérateurs sur certains projets, notamment aux abords d'écoles. Mais faute de réelle information et de position claire de l'Etat, c'est le flou qui continue de prévaloir.

Dans un tel contexte, il y a un véritable paradoxe à voir certains élus locaux UMP tentés d'exploiter l'inquiétude des populations, en mettant en cause les municipalités : c'est précisément leur majorité parlementaire qui bloque toute avancée significative.

 

En Aout dernier, le Comité opérationnel mis en place suite au Grenelle des ondes a remis son rapport qui comportait plusieurs recommandations relatives au volet concertation et information locale. Lors de l'examen du projet de loi sur la consommation, le président du comité a proposé d'intégrer par amendement plusieurs de ces recommandations. Seul l'amendement relatif à la généralisation d'Instances de Concertation Départementales a été adopté...

 

Plutôt que d'exploiter les inquiétudes légitimes des riverains devant les nouvelles implantations d'antennes relais, les élus locaux de droite pourraient utilement interpeller les parlementaires et les ministres de la majorité qu'ils soutiennent, afin de donner enfin aux habitants les moyens de contrôler leur environnement et aux municipalités ceux de réguler l'installation de nouvelles antennes...

 

Interpellé par les riverains inquiets de projets d'implantations de nouvelles antennes, François de Rugy répond présent : par les rencontres sur le terrain, il entend expliquer l'état d'avancement de la question sur le plan du Droit, et faciliter le dialogue entre les habitants et les élus en charge de la santé publique. Il interpelle les opérateurs, et tente de faciliter l'échange avec les riverains.

 

A l'Assemblée Nationale, par la voix d'Yves Cochet, leur député membre de la commission de l'environnement, les parlementaires écologistes tentent de modifier la législation, et en appellent notamment à la mise en oeuvre d'une vraie politique de recherche scientifique indépendante, pour répondre aux demandes légitimes d'information des populations.

 

Enfin, dans son travail parlementaire, François de Rugy a demandé à la ministre de l'environnement de prendre sans tarder le décret d'application nécessaire à la mise en place de l'instance de concertation qui sera chargée d'examiner les recours des riverains, et de proposer des solutions alternatives permettant tout à la fois une meilleure couverture pour les utilisateurs et une amélioration de la situation des populations en termes d'exposition à l'émission d'ondes électromagnétiques.

 

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Commentaires : 1
  • #1

    Jean Loup Picavet (vendredi, 23 mars 2012 10:28)

    Bonjour!
    Dans le Canard Enchainé du 21 mars , en page 5, on trouve un article "La maladie des ondes, c'est dans la tête", relatif aux antennes relais, particulièrement percutant..
    Bonne lecture.
    Cordialement.
    Jean Loup Picavet