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22

déc

2009

Ce débat inutile doit cesser !

Alors que le débat sur l’identité nationale prend une tournure de plus en plus inquiétante, FDR signe le texte de SOS-racisme qui en appelle au Président de la République. “Depuis le 2 novembre 2009, la France a été entraînée, malgré elle, dans les tourments d’un débat sur l’identité nationale. De nombreuses voix s’étaient pourtant élevées pour avertir que le lien posé d’emblée entre l’immigration et l’identité nationale était de nature à libérer une parole au « mieux » stigmatisante, au pire raciste. Malheureusement, ces prédictions apparaissent aujourd’hui se situer bien en-deçà d’une réalité inquiétante et nauséabonde…”

En effet, depuis plusieurs semaines, les débats sur l’identité nationale sont apparus comme des espaces de libération d’une parole raciste, prompte à remettre en cause, de façon insidieuse ou explicite, la légitimité de la présence sur le sol national de catégories entières de la population.

Un nombre substantiel de réunions nous font honte tant les propos qui y sont tenus heurtent nos consciences de républicains et de démocrates, attachés aux valeurs du vivre ensemble. Propos violents envers les immigrés et leurs enfants, vision caricaturale des « jeunes de banlieue », obsession autour de la figure du musulman comme euphémisation d’un racisme anti-arabe qui n’ose plus s’exprimer en ces termes : voilà quelles semblent être les principales réflexions qui émergent des réunions tenues sur le territoire.

Pire, des responsables politiques de premier plan ont cédé au tropisme de la stigmatisation. Ainsi, il y a quelques jours, une Ministre de la République, Nadine Morano, livrait en creux sa vision du musulman, essentialisé dans la position de celui qui refuse de s’intégrer à la Nation, fût-il français.

La technique consistant, face aux tollés soulevés par de tels propos, à expliquer que ces derniers ont été mal compris ne doit pas faire illusion. La preuve n’est plus à faire que le débat sur l’identité nationale, bien loin de renforcer l’adhésion aux valeurs de la République, est un facteur de haine et de désunion, là où notre pays devrait s’atteler à cultiver le vivre ensemble. Un vivre ensemble trop fragile pour qu’il soit affaibli à travers un débat qui, posé en ces termes, ne pouvait finalement rien produire d’autre.

Face à cette réalité qu’il est inutile de vouloir camoufler, il est tout aussi inutile de sortir la carte du « peuple dont l’expression est légitime ». Car, dans notre pays comme dans toutes les grandes démocraties, le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit. À cet égard, les propos racistes tenus dans des réunions organisées par les préfectures sont d’autant plus graves que l’Etat vient apposer sa légitimité à l’expression de pensées qui n’ont pas lieu d’être dans l’espace public.

C’est pourquoi nous vous demandons, Monsieur le Président de la République, de mettre un terme à ces réunions, sans quoi la République française que vous représentez aura fait le choix de laisser se tenir en son sein et avec son assentiment un débat de nature à briser durablement les fondements de notre vivre ensemble.

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Commentaires: 1

  • #1

    Rochcongar François (jeudi, 24 décembre 2009 10:42)

    A l’heure d’une crise économique sans précédent depuis des lustres, on est en droit de se demander à quoi peut bien servir ce débat quand le chômage grimpe en flèche et le pouvoir d’achat des ménages stagne.

    Déjà, le FN s’est emparé du thème en déclarant qu’il baserait sa campagne des élections régionales sur l’identité nationale et l’immigration, son cheval de bataille de prédilection.

    Et quand bien même ce débat aboutirait à quelque chose (j’en doute), on en fait quoi ?
    Une loi ?
    Laquelle ?
    Rendre obligatoire le port du béret en lieu et place de la casquette à l’envers ?

    Au travers des récentes expulsions d’afghans et des relents nationalistes apportés par ce débat, la France se vitrifie, se rabougrie et s’éloigne de l’universalisme dont elle est porteuse de par le préambule de sa constitution.
    Alors certes, comparer Besson à Déat ou à Laval est quelque peu exagéré mais témoigne néanmoins de l’inquiétude de la population face à des thèmes porteurs de haines et de zizanies et souvent annonciateurs de chaos.

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