mar

26

jan

2010

Chantiers de Saint-Nazaire : le ministre de l’industrie refuse de répondre à l’interpellation de FDR

FDR a interrogé le gouvernement sur trois pistes d’action potentielles en faveur des chantiers de Saint-Nazaire : la confirmation d’une commande militaire du ministère de la défense, un plan de développement des éoliennes off-shore, qui permettrait la diversification des activités, et une prise de participation publique majoritaire au capital, via le fonds d’investissements stratégiques.

La réponse du ministre de l’industrie ne peut que renforcer l’inquiétude des salariés des chantiers sur leur avenir.

Dans une intervention qui tient de la langue de bois la plus caricaturale, le ministre a réussi le tour de force de …ne pas dire un mot des Chantiers.


Une telle désinvolture du ministre devant l’enjeu industriel et humain que représentent les chantiers dans notre région en dit long sur l’incapacité du gouvernement à sortir de l’incantation, et à proposer des solutions concrètes aux difficultés de la construction navale de l’estuaire.

La question de FDR :

“Depuis le début de l’année, le Président de la République a répété à plusieurs reprises dans ses vœux qu’il défendrait l’industrie.
Lors d’un échange, hier soir à la télévision avec un ouvrier de l’automobile, peut-être a-t-il pris conscience que le fossé se creusait entre la réalité vécue par les Français et ses grands discours autosatisfaits.
Nous écologistes, nous croyons en l’avenir de l’industrie, une industrie qui n’aura plus à faire face à une concurrence déloyale des pays à bas coûts de main d’œuvre, une industrie qui aura su se diversifier, une industrie qui aura réussi sa transformation écologique.
Cela devrait être tout le sens d’une véritable politique industrielle aujourd’hui. L’Etat peut et doit jouer un rôle pour conduire ce changement et sortir ainsi durablement l’industrie de la crise.
Je voudrais prendre l’exemple des Chantiers navals de Saint-Nazaire.
Malgré des erreurs commises par les actionnaires successifs, le savoir-faire des Chantiers est multiple mais celui-ci reste de se perdre à tout jamais si rien n’est fait pour les aider à passer la difficile période actuelle.
Un plan de départs volontaires portant sur près de 15% des effectifs a déjà été lancé.
A ce stade, les grandes proclamations de Nicolas Sarkozy ne suffisent plus.
Le gouvernement est-il prêt à s’engager ?
Est-il prêt à activer la dernière commande en suspens du Ministère de la défense ?
Etes-vous prêts à enclencher un développement de l’énergie éolienne off-shore, comme a su le faire l’Allemagne, offrant ainsi un nouveau débouché aux Chantiers?
Etes-vous prêts à ce que le Fonds stratégique d’investissement complète la participation de l’Etat au capital des Chantiers pour sécuriser leur avenir ?
Pour l’avenir de l’industrie, allez-vous enfin passer de la parole aux actes ?”
La réponse du ministre :

Monsieur le député, nous partageons votre inquiétude. C’est bien pour cela que le Président de la République et le Premier ministre ont voulu que nous nous engagions dans une véritable réforme industrielle et que celle-ci soit définie par tous les partenaires, partenaires sociaux et industriels, économistes, chercheurs, scientifiques, universitaires et élus locaux, dans le cadre des états généraux de l’industrie.

Nous avons mis en place un certain nombre d’outils comme le fonds stratégique d’investissement, que vous-même avez mentionné. Un milliard d’euros ont déjà été engagés pour aider de grandes sociétés industrielles et de grandes PME en difficulté à se recapitaliser et à moderniser leur outil de travail, pour défendre l’emploi et lutter contre les délocalisations.

L’Allemagne, effectivement, a su opérer il y a dix ans sa révolution en s’organisant par filières, du grand industriel au plus petit sous-traitant qui fournit des composants aux équipementiers, et a ainsi gagné 25 % de productivité sur la France en dix ans. C’est dans cette voie que nous nous engageons avec tous ceux qui participent aux états généraux afin de relever le défi.

Vous mentionnez aussi la croissance verte. Nous nous sommes engagés, dans le grand emprunt, sur ce secteur en particulier. La croissance verte, ce sont dix milliards d’euros d’investissement et 280 000 emplois potentiels. (Exclamations sur les bancs du groupe GDR.) C’est dans cette voie que nous avançons.

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