dim

06

déc

2009

Dimanche 6 décembre : le droit du travail en kit

Manifestation dominicale

La pluie n’a pas découragé les manifestants que je retrouve devant les portes du magasin Ikea de Saint-Herblain. Elles et ils sont venus pour dénoncer une ouverture dominicale sauvage, réalisée sans autorisation quelconque, par un commerce dont rien ne justifie une telle entorse au droit du travail – surtout pas des difficultés économiques…

Je retrouve là des figures connues – syndicalistes, responsables politiques de la gauche départementale – mais également des femmes et des hommes qui entendent défendre un modèle de société où les échanges ne se limitent pas aux transactions commerciales, et où le dimanche demeure un moment privilégié de repos et de vie familiale.

La direction du magasin argue de la loi du 8 janvier 2008, qui l’autorise, feint-elle de croire, à ouvrir quand bon lui semble, quelques dimanches de l’année.

La préfecture quant à elle dépêche sur place des inspecteurs du travail, afin de dresser constat de contravention.

Cette péripétie nantaise n’est finalement que la conséquence tout à fait prévisible de l’imprévoyante politique sociale du pouvoir : partagé entre son aile ultralibérale et des élus de terrain raisonnables, conscients des ravages culturels et familiaux de l’ouverture dominicale, le gouvernement a inventé un droit social incroyablement compliqué, et sujet à interprétations. Là où la règle du repos dominical était claire et sans ambiguité, les députés UMP, sous la pression du gouvernement, ont imaginé un système de dérogations multiples et imprécises, qui donnent aux grandes surfaces le sentiment que tout leur est permis.

En quelque sorte, un droit social en kit. Mais sans notice de montage…

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