mar

23

mar

2010

Le pouvoir sacrifie l’ambition écologique à ses petits calculs politiciens

Décidément, le gouvernement ne comprend rien. Les Français, aux Européennes puis aux régionales, ont exprimé massivement leur aspiration à une prise en compte renforcée des enjeux écologiques dans les politiques publiques. Ils ont dit leur volonté d’une nouvelle politique sociale et économique, enfin juste, et enfin efficace. Ils ont dit leur colère de voir un clan accaparer tous les pouvoirs .
Les deux réponses immédiates apportées par Nicolas Sarkozy à ce cri de colère populaire illustrent la perte de sens du président et de ses conseillers : hier, on a procédé à un remaniement inspiré par la seule volonté de servir tous les courants de l’UMP.
Aujourd’hui, alors que les solutions écologistes progressent dans l’opinion, le premier ministre signe l’arrêt de mort de la seule fiscalité qui puisse répondre aux défis de l’avenir.

Il y a six mois tout juste, dans une de ces déclarations grandiloquentes dont il a le secret, le président de la république annonçait : «Une fiscalité écologique nouvelle sera créée.»
Aujourd’hui, on mesure ce que valent les engagements écologistes du président…
En abandonnant la fiscalité carbone, le gouvernement laisse nos concitoyens seuls face aux bouleversements de l’après-pétrole. Il les prive des moyens de les anticiper, d’adapter leurs modes de consommation, et de financer les indispensables investissements auxquels ils devront faire face. Cette option nie la solidarité : elle pénalisera en premier lieu les plus démunis, et les plus dépendants aux énergies fossiles.
Les masques sont tombés : c’est la logique libérale du chacun pour soi qui a repris ses droits.
Contraint à gérer les états d’âme de ce qu’il lui reste de partisans, englué dans une succession de réformes non maîtrisées, et qui ne produisent pas d’améliorations dans les vies quotidiennes de nos concitoyens, prisonnier de contraintes budgétaires qu’il a contribué à accentuer par son imprévoyance et ses cadeaux fiscaux, confronté à une crise qu’il ne peut combattre car elle est le produit d’un système financier qu’il a soutenu et promu, le président ressemble de plus en plus à ces “rois fainéants” qu’il aimait railler il y a encore quelques mois…
Décidément, le gouvernement n’a rien compris : ce que lui demandent les Français, c’est de revenir sur les dispositions de sa politique qui existent (le bouclier fiscal, la détaxation absurde des heures supplémentaires, les déremboursements médicaux – et la liste est longue), pas d’abandonner l’ambition de l’écologie !

écrire commentaire

Commentaires: 0

  • loading