mar

22

sep

2009

Les rendez-vous de l’écologie

Alors que la question de la stratégie des écologistes à l’approche des élections régionales de mars prochain fait débat, Yannick Jadot, eurodéputé Europe Ecologie de la région ouest, Jean-Philippe Magnen, désigné tête de file en Pays de la Loire, et François de Rugy livrent leur analyse commune des enjeux.

Nous sommes aujourd’hui confrontés à une crise mondiale d’une ampleur exceptionnelle. Si la financiarisation outrancière et la tempête boursière en ont été les déclencheurs, ce chaos planétaire ne se limite pas à la sphère économique. Il se nourrit de la désagrégation des liens sociaux, autant qu’il en aggrave les effets. Il est le fruit d’un système de production qui conduit à un pillage environnemental sans précédent et à proprement parler suicidaire.
Tous ces phénomènes, les écologistes s’attachent depuis des années à les analyser, à les dénoncer, à imaginer des solutions concrètes et efficaces pour les réparer.
Parce que les modèles nés du XIXème siècle qui ont longtemps organisé notre vie politique sont largement désarmés face à ces bouleversements, les écologistes français, qu’ils soient issus du monde associatif ou du champ politique ont réussi, pour la première fois de leur courte histoire, à s’unir.
Un mouvement, inédit dans son organisation comme dans les solutions qu’il porte, est en train de naître. Réseau d’acteurs associatifs ou politiques, attirant des citoyens qui prennent ou reprennent goût à l’engagement collectif, Europe écologie a une ambition : Engager une réelle, profonde et durable conversion écologique et sociale.


L’écologie au rendez-vous de la justice sociale

Améliorer l’isolation thermique des logements sociaux, c’est diminuer la production de gaz à effet de serre tout en réduisant la facture énergétique. Les moins aisés de nos concitoyens sont directement touchés par ces questions-là.
Développer résolument l’économie sociale et solidaire en soutenant les services de proximité, les filières de l’écoconstruction, les artisans et les commerçants, c’est maintenir sur chaque territoire des activités économiques créatrices d’emploi non délocalisables.
Promouvoir une agriculture bio de proximité, c’est accompagner une agriculture à la fois paysanne et de qualité environnementale, qui répond aux attentes de nos concitoyens. Faut-il rappeler, que cette agriculture-là est créatrice d’emplois contrairement à l’agriculture intensive ?
Favoriser la recherche et l’innovation, au service d’une politique industrielle qui non seulement favorise les productions respectueuses de l’environnement, mais également génère des produits aux cycles de vie plus long, de distribution plus court, et mieux maîtrisés du point de vue des déchets, c’est favoriser l’émergence de nouveaux métiers.
Inciter à une consommation responsable, c’est dégager du pouvoir d’achat pour les ménages.
Promouvoir une fiscalité écologique réellement redistributive enfin, c’est inciter à l’économie d’une énergie dont les tarifs marchands grèveront immanquablement, dans les années à venir, les plus faibles revenus.
L’impératif écologique et la réduction des inégalités sociales sont indissociables : voilà un message fort, qui aujourd’hui parle aux Français.


L’écologie au rendez-vous des territoires


Les femmes et les hommes qui ont rejoint Europe Ecologie sont mus par une conviction commune : celle que l’urgence à agir est trop pressante pour que l’écologie s’accommode d’un statut d’intermittent de la vie politique.
Ce combat pour une conversion fondamentale de nos modes de pensée, de consommation, de production, il nous faut le mener à tous les échelons institutionnels, car tout se tient.
C’est vrai au plan international : c’est notamment l’objet des sommets intergouvernementaux comme à Copenhague en décembre sur le climat, auxquels les ONG environnementales collaborent activement.
C’est vrai en Europe : les Français, en élisant 14 députés écologistes ont clairement marqué leur intérêt à cette démarche.
C’est vrai au plan national : députés et sénateurs y travaillent, handicapés certes par un système électoral injuste, mais bénéficiant de l’action d’un réseau associatif et militant actif et compétent, et –reconnaissons-le – du concours de certains élus et militants de partis de la gauche, organisés en réseaux plus ou moins formalisés, mais sincèrement et durablement impliqués dans la dynamique.
C’est vrai dans les collectivités locales enfin, où depuis de nombreuses années, nous agissons concrètement, et assumons nos leurs responsabilités de gestionnaires du quotidien. Sur les questions énergétique, de l’emploi, de l’économie, de l’alimentation, de la santé, du logement, la participation des écologistes aux exécutifs locaux permet d’avancer.
Ces expériences locales constituent à nos yeux un socle. Leurs résultats sont le fruit de compromis assumés. Ne faisons preuve dans la lecture de ces bilans ni d’un dénigrement qui serait aussi tardif qu’opportuniste, ni d’une autosatisfaction qui serait égocentrique et artificielle.


L’écologie au rendez-vous des citoyens


A l’approche du scrutin régional, nous n’oublions pas une réalité, qui a coûté si cher par le passé à la gauche : si un bon bilan constitue certes un élément essentiel pour conserver la confiance de nos concitoyens, il ne suffit pas à assurer la victoire. Il faut également savoir tracer des perspectives, créer de nouvelles dynamiques, définir de nouveaux équilibres.
Avec nos partenaires, ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous différencie : c’est pourquoi nous exerçons ensemble des responsabilités, et que nous entendons poursuivre cette collaboration.
Mais ce qui nous différencie demeure : qui peut nier qu’il existe, sur les infrastructures et les services de transports, sur l’énergie, sur la pratique démocratique, sur le développement économique, sur l’organisation territoriale – et cette liste n’est pas exhaustive-, une approche et des propositions spécifiques à l’écologie politique ?
Que nos concitoyens puissent, directement au premier tour, trancher sur les questions qui nous distinguent pour nous aider à façonner, au second, des majorités et des projets en phase avec leurs attentes : voilà qui nous paraît sain et légitime.
Faire de cette approche profondément démocratique une stratégie gagnante suppose que chacun s’accorde sur cette liberté de choix offerte aux électeurs sans dramatisation inutile et commentaires autodestructeurs. 2004 fut millésime électoral exceptionnel pour la gauche. Qui se souvient qu’alors socialistes, écologistes et communistes n’étaient unis au premier tour que dans …8 régions sur 22 ?
Nous avons la conviction que lorsque le mode de scrutin le permet – et c’est le cas-, cette liberté peut s’avérer utile et efficace : elle ne doit être vécue ni comme une provocation par les uns, ni comme une revanche par les autres.
Les écologistes abordent l’échéance de mars prochain avec conviction, mais aussi avec humilité.
A nous de faire partager notre diagnostic, d’imaginer démocratiquement des propositions concrètes, radicales et réalistes, en associant militants associatifs, responsables socio-économiques, citoyens. L’expérience des européennes nous montre la voie : lorsqu’elle est ouverte sur la société, imaginative et concentrée sur l’essentiel, rassemblée dans toutes ses composantes, l’écologie sait convaincre. Elle peut enrichir le débat, entraîner les indécis, et, au final, faire progresser la gauche.
A celles et ceux qui, à gauche mais pas seulement, doutent ou semblent avoir perdu espoir, nous adressons ce message clair : c’est avec vous que nous élaborerons nos 22 projets d’eco-régions. Oui, en mars prochain, l’écologie sera au rendez-vous !

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