ven

09

avr

2010

Pour un urbanisme volontariste et négocié

Suite à une polémique savamment entretenue au sujet de projets immobiliers sur la circonscription, je tiens à apporter les précisions suivantes.

>> Lire l’intégralité du texte.

Je suis partisan d’un urbanisme à la fois volontariste et négocié.

Volontariste, parce que la nécessaire lutte contre l’étalement urbain impose que la ville se développe sur elle-même, et continue de se densifier. C’est le sens du Plan Local d’Urbanisme voté par Nantes Métropole, que j’ai soutenu et continue de soutenir. Cette densification urbaine n’est pas – bien au contraire – synonyme de dégradation de la qualité de la vie dans les quartiers : elle permet de repenser les modes de vie, d’assurer une limitation des déplacements – et notamment des déplacements automobiles-, elle est la condition d’une organisation spatiale de notre agglomération qui refuse la ségrégation par l’argent, et la fuite en lointaine périphérie des classes moyennes.

Mais la volonté de favoriser le développement d’une ville durable ne peut se satisfaire d’une simple application aveugle de règles d’urbanismes, quelle qu’en soient la pertinence globale, et quelles que soient les bonnes intentions qui ont conduit à leur établissement.

Je crois profondément que le rôle des élus, sur des questions aussi sensibles, qui impactent la vie quotidienne de leurs concitoyens, est de faciliter le dialogue entre les différentes parties aux projets – promoteurs et constructeurs, aménageurs, riverains concernés. Cela suppose écoute, attention aux objections parfois portées par les habitants des quartiers – qui ne sauraient être réduites systématiquement à de simples défenses d’intérêts particuliers égoïstes – et implication dans le processus de décision sur chaque projet considéré.

Je suis ainsi attaché à ce que chaque projet puisse s’inscrire dans une réflexion globale sur l’évolution de nos quartiers, et soit porteur d’améliorations concrètes du cadre de vie pour leurs habitants : par la requalification d’îlots susceptibles de nous permettre d’atteindre l’objectif d’un espace public accessible et végétalisé à moins de 500 mètres de chaque habitation, par une réflexion sur l’impact des projets immobiliers sur les circulations – et notamment les circulations douces- et sur le stationnement, par une recherche de compromis intelligents entre les différents acteurs concernés.

Cette démarche responsable est incompatible avec la logique de récupération grossière et démagogique à laquelle se livre trop souvent l’opposition, qui exacerbe les tensions plus qu’elle ne recherche les voies d’un dialogue utile.

Mais elle ne saurait non plus se satisfaire d’une simple lecture réglementaire et administrative des projets. La conformité d’un projet immobilier aux règlements d’urbanisme ne suffit pas à en assurer la pertinence du point de vue de la vie quotidienne.

Réfléchir à des règles justes et efficaces qui permettent d’atteindre les objectifs de production de logements qui répondent aux besoins des habitants ; veiller, dans la durée, à ce que leur application soit intelligente, et source d’amélioration des conditions de vie ; évaluer leurs conséquences pratiques sur le terrain, et au besoin les adapter en fonction des dysfonctionnements éventuellement constatés : c’est ma conception du rôle d’élu. Elle a guidé mes interventions et continuera de les guider.

écrire commentaire

2 Commentaires

  • #1

    jp leconte (dimanche, 11 avril 2010 11:10)

    heureux de trouver sur ce site un complément aux informations données dans la voix de son maitre, pardon, dans le ouest France de samedi.
    si sur le fond votre propos est ici impeccable, serait il possible d’en savoir plus sur le contexte précis et orvalatais. merci d’une réponse

  • JimdoPro
    #2

    francoisderugy (lundi, 12 avril 2010 18:10)

    Monsieur,

    Je vous remercie de votre appréciation. J’aurais en effet l’occasion de m’exprimer plus longuement sur le contexte spécifique à Orvault. Alerté par de nombreux groupes d’habitants sur les effets pervers de l’application du PLU voté en 2007 par l’équipe de Monsieur Parpaillon, je suis intervenu tant auprès du maire d’Orvault qu’auprès du vice-président de Nantes Métropole en charge de l’urbanisme. Je leur demandais d’étudier sans délais des modifications au PLU pour corriger ces effets « indésirables » (du moins j’espère qu’ils n’étaient pas désirés !). En effet, sous prétexte de densification et de constructions de logements abordables ou sociaux – objectif louable que je partage, le PLU d’Orvault donne trop souvent l’impression de s’être engagé dans le « laisser-faire » au profit des promoteurs privés, construisant d’ailleurs des logements à des prix très élevés ! Interrogé en conseil municipal, le maire avait donné l’impression de partager cette demande de modification du PLU. Lors du dernier conseil de la Communauté Urbaine, il a en revanche demandé au vice-président de la communauté urbaine en charge de l’urbanisme de condamner ma démarche ! En dehors de toute attitude politicienne et regrettant ce double langage, je continuerai à travailler sur ce sujet crucial de l’urbanisme dans le sens que j’ai indiqué dans le texte ci-dessus. A Nantes, Orvault, Sautron et ailleurs, je suis convaincu qu’il est possible de concilier construction de nouveaux logements diversifiés et respect de l’identité d’un quartier ou d’une commune. Nous n’avons pas à choisir entre densification et respect de l’environnement et de la qualité de vie quotidienne. Pour le député écologiste que je suis, c’est au contraire « fromage ET dessert » !

    Salutations orvaltaises,

    François DE RUGY

  • loading