mer

26

mai

2010

17 – 23 mai 2010

Une semaine placée sous le signe de la préparation de la réforme des retraites, marquée par un déjeuner édifiant à la chancellerie – où MAM évoque le temps où elle menaçait “d’enlever le bas”! – des débats parlementaires sur la parité et le bouclier fiscal. A Nantes, Mosquée, moments de convivialité entre voisins et couscous au programme. Le tout se terminant, comme le veut l’adage, par des chansons…

>> Consulter le carnet de FDR.

Lundi

La journée commence tôt, par une interview à RFI, captée depuis les studios nantais du groupe Radio France. Les questions portent sur la réforme des retraites, la crise de la zone Euro et la libération de Clotilde Reiss.


J’ai lu hier soir dans la presse le document de travail publié par le gouvernement sur les retraites – il ne sera adressé aux Parlementaires que dans l’après-midi, ce qui en dit long sur les priorités du gouvernement en matière de débat démocratique ! Au-delà de la forme, je retiens surtout de la démarche gouvernementale e flou des propositions, et j’en regrette profondément le mode opératoire.


Depuis l’entrevue qu’avait sollicitée Eric Woerth, le ministre en charge du dossier, il y a une dizaine de jours, pas grand chose de nouveau. Le calendrier du gouvernement ne prévoit pas “une négociation”, même avec les partenaires sociaux, mais une simple “consultation”. Le projet de loi sera arrêté fin juin pour être examiné à l’Assemblée nationale dès le 6 septembre. Eric Woerth l’avait bien dit : sa démarche tient en deux mots : « consultation, décision ». Entre les deux, j’aurais bien vu la négociation.


En choisissant cette méthode et en se fixant des délais de décision aussi courts, le gouvernement se condamne à ne réaliser qu’une réforme de plus, qui vient s’inscrire dans une suite de décisions, prises souvent à la hussarde, depuis le plus gros changement décidé en 1993 par Edouard Balladur. Alors nouveau Premier Ministre, il avait agi avant l’été, déjà. Depuis cette date, chaque réforme est vécue comme un recul pour les salariés lorsqu’ils partent à la retraite.


Dans le même temps, des solutions aux effets durables, adaptables aux différentes situations économiques ou démographiques, n’ont toujours pas été mises en œuvre puisque les comptes continuent de se dégrader. Pourtant, d’autres pays y sont parvenus, comme la Suède par exemple. Mais la méthode était tout autre : négociation avec les partenaires sociaux, recherche d’un large consensus national et mise en œuvre progressive.
Bref, de la cohérence et une volonté sur la durée. Tout l’inverse de notre politique désordonnée, brouillonne, anxiogène et on le constate, financièrement inefficace .


***


Dans l’après-midi, petit cours de conversion écologique de l’économie en accéléré et en direct, grâce à une entreprise de la banlieue nantaise qui distribue et utilise pour ses propres besoins des véhicules utilitaires électriques. Je découvre à cette occasion que, malgré le faible encombrement de ces petits utilitaires, un permis poids lourd est requis pour pouvoir les conduire.

La raison de cette aberration : ni les dimensions, ni la difficulté de conduite, mais le poids du véhicule, dû à la batterie qui l’équipe. Bonheurs renouvelés des contraintes administratives qui, elles, ont parfois du mal à engager leur conversion… Voilà qui donnera lieu à une question écrite, afin, qui sait, de faire évoluer la réglementation en la matière. Je retiendrai une phrase de la conversation avec les responsables de cette entreprise de transport routier : “pour nous qui faisons des efforts, l’abandon de la taxe-carbone est une catastrophe. Ce sont ceux qui ne font pas d’efforts qui sont récompensés.”

Mardi

Question au gouvernement, lors de ces séances un peu surprenantes, où l’on interroge un ministre …et qu’un autre répond ! Précisément, je souhaitais interroger Jean-Louis Borloo sur Notre-Dame-des-Landes, et c’est Dominique Bussereau, promoteur historique de l’aéroport, qui me répond. Je fais remarquer au ministre que le nouveau gouvernement britannique vient d’abandonner le projet de construction d’une troisième piste à Heathrow.

Un projet dont la justification était le calque quasi-exact de l’argumentaire des partisans de Notre Dame des Landes. Bussereau ne bronche pas : “l’aéroport se fera” assène-t-il. Il n’hésite pas à tordre la réalité en affirmant que l’assemblée et le sénat ont voté sa construction dans le cadre du Grenelle, alors que la loi se contente de ne pas interdire sa construction, ce qui n’est pas tout à fait la même chose !

Dans ma réponse, j’invoque l’exemple d’Alain Juppé : alors qu’il était Premier ministre, il dut arbitrer la question de la construction d’une ligne haute tension dans la vallée du Louron. Les habitants de la vallée combattaient seuls ce projet, dont ils contestaient et la nécessité économique et énergétique, et dont ils dénonçaient l’impact sur l’environnement. Alain Juppé consulta les experts, et notamment la direction de l’environnement et EDF : tous lui affirmaient que la réalisation de ce projet était indispensable, faute de quoi on courait vers une catastrophe en matière d’alimentation électrique du grand sud Ouest. Mais le Premier ministre avait pris un engagement vis-à-vis d’un maire de la vallée : celui de se rendre sur place, pour constater par lui même la situation.

Il le fit et, de retour à Matignon, écoutant son intuition plutôt que les injonctions des administrations de l’Etat, il annonça l’abandon du projet. Le moment de récrimination passé, les spécialistes se mirent au travail, et ils surent, très rapidement, imaginer des solutions innovantes et respectueuses de l’environnement de la vallée, désormais protégé. Et Alain Juppé de noter que “finalement, sa décision avait permis de libérer des imaginations, et de préserver la vallée tout en assurant la sécurité de la distribution électrique”.


***


Michelle Alliot-Marie a convié à déjeuner les députés membres de la mission d’information sur la Burqa, avant la présentation, demain, du projet de loi en conseil des ministres. Je poste un compte rendu de ce déjeuner édifiant sur le blog de Libération.


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De retour à l’Assemblée, après la séance des questions d’actualité, je me replonge dans la lecture de rapports, notes et études sur les retraites… Une partie de ma nuit sera consacrée à ces saines occupations et, allez savoir pourquoi, c’est avec un mal de tête carabiné que commencera ma journée de mercredi !

Quand les députés concurrencent les soap-operas

Mercredi

Chantal Jouanno sort de son silence ! Dans une interview publiée par Le Monde, la ministre revient sur la période qui s’achève. Elle se défend mollement sur sa sortie si mal vue par l’Elysée sur la taxe carbone – la décision de l’abandonner ne semble plus être choquante à ses yeux que parce qu’elle “ne l’a apprise que par la presse, alors qu’elle venait de faire un tour de France pour la défendre”. L’aveu est de taille : l’égo ministériel est donc plus important que le fond des choses.

Pour le reste, pas grand chose à signaler, sinon une annonce surprenante : alors que, la semaine dernière avec le vote du Grenelle 2 “raboté”, elle a dû avaler son chapeau sur l’éolien, les péages urbains, ou l’étiquetage environnemental – ce qu’elle reconnaît elle-même dans un touchant élan de sincérité- , la ministre plaide pour un Grenelle 3, dont le contenu me plonge dans des abîmes de perplexité : “les suites à donner au rapport Stiglitz sur la mesure de la performance économique et du progrès social” et la “généralisation de la décision à cinq [Etat, collectivités locales, patronat, syndicats, ONG” ].

Sur ce dernier point, on se demande si la ministre est au courant de ce que prépare le gouvernement dont elle est membre : plaider pour un renforcement de la démocratie locale au moment où l’Assemblée s’apprête à examiner la réforme des collectivités imposée brutalement par le pouvoir, relève soit de la provocation, soit d’une totale maladresse !

Dans l’arithmétique des lois Grenelle selon Jouanno, j’ai bien peur que le numéro doive être considéré comme le diviseur dans une fraction : plus il est grand, plus le résultat est faible !

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Après une séance de questions au gouvernement animée, dans laquelle le placide François Fillon s’en prend violemment aux socialistes sur le thème des retraites, je suis l’invité de l’émission “La séance continue” sur La Chaine Parlementaire. La question des retraites occupe l’essentiel de la discussion avec mes collègues Jean-Yves Le Déaut (PS), Lionel Tardy (UMP) et Thierry Benoit (Nouveau centre). LCP est une chaîne à part : consacrée essentiellement à la vie politique, elle a su créer une ligne éditoriale neutre – en donnant la parole à tous . Elle a su trouver un mode d’expression qui dénote avec le parisianisme qui caractérise généralement les médias politiques. Les échanges y sont souvent assez longs pour échapper à la tentation des petites phrases, et, je trouve, enrichissants. Je ne sais pas quelle est l’audience générale de la chaîne, mais suis souvent surpris de constater qu’il n’est pas rare que des habitants de ma circonscription me parlent de mes interventions sur ce média. Et généralement, c’est le fait de personnes plutôt âgées, et souvent dans des quartiers populaires. Qui sait, les programmes de LCP sont peut-être les concurrents les plus directs des Feux de l’amour !

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Réunion de la commission des Finances, avec une guest-star : Jacques Attali. Invité parce qu’ancien président du “comité pour la croissance”. Star : parce qu’il en est persuadé. Le propos n’est pas inintéressant, mais la propension qu’a l’ancien conseiller de François Mitterrand converti au Sarkozysme militant à avoir un avis sur tout et surtout des avis finit par fatiguer. Ainsi, sur les propositions de son précédent rapport, il n’a « aucun remords ». Si cela n’a pas eu les effets escomptés, c’est parce que toutes ses propositions n’ont pas été mises en œuvre. Et si elles n’ont pas été mises en œuvre, c’est parce que les « gouvernements n’ont pas le courage d’être au moins temporairement impopulaires ».

Je suis toujours étonné de cette idée, courante chez les beaux esprits, selon laquelle une bonne idée ou une réforme efficace est forcément impopulaire. Eric Woerth, nous avait également ressorti cette vieille rengaine, en affirmant que la gauche n’avait jamais fait de vraie réforme sur les retraites puisqu’elle n’avait mis personne dans la rue sur ce sujet! Je demande à François Hollande qui est mon voisin à la commission des Finances ce jour-là, si lorsqu’il le côtoyait à l’Elysée sous François Mitterrand, Jacques Attali était déjà comme ça : il répond sans hésitation, qu’en effet, Jacques Attali avait déjà cette propension à s’attribuer tout ce qui marche et à rejeter sur les autres la responsabilité de ce qui n’a pas marché…

Je profite d’avoir l’ancien premier secrétaire du PS à mes côtés le temps d’une réunion pour le sonder sur les positions du PS sur les retraites rendues publiques la veille. Je note une grande prudence dans sa réponse…

Le soir venu, je commence à rédiger, autant pour moi-même que pour apporter ma pierre à la réflexion en cours chez les Verts, un texte sur les retraites.

jeudi


L’Assemblée examine deux propositions de loi élaborées par le groupe socialiste, dans le cadre des “niches parlementaires” – l’expression, malheureuse, est hélas bien appropriée – que la nouvelle mouture de la constitution accorde aux lois d’initiative parlementaire.


Sensée permettre un meilleur équilibre entre le gouvernement et les députés, la constitution version Sarkozy s’avère, à l’expérience, être une vaste fumisterie ! Les propositions de loi portées par les groupes de la majorité sont le plus souvent inspirées directement par le gouvernement – les députés signataires du texte servant en quelque sorte de prête-noms aux ministres. Elles ont alors droit à un passage normal à l’ordre du jour, le mardi ou le mercredi. Quant aux propositions de l’opposition, elles se heurtent à un travail de sape en commission, et sont toujours débattues le jeudi dans un hémicycle déserté par les députés d ela majorité : le gouvernement a pris en effet la fâcheuse habitude de refuser le vote des amendements proposés aux textes, et de laisser le débat se dérouler dans l’indifférence puisque le vote – en bloc – est reporté au mardi suivant : les députés de la majorité se retrouvent alors dans l’hémicycle, pour voter, comme un seul homme, contre un texte qu’ils n’ont même pas pris la peine d’examiner… Ainsi va la vie parlementaire française.


Dans ce théâtre d’ombres, le seul intérêt de la procédure est de permettre à l’opposition de donner à voir, par ses propositions de loi, la politique alternative qu’elle mettrait en œuvre si elle était au pouvoir.
Et aujourd’hui, les deux textes socialistes portent sur la parité en politique et le bouclier fiscal. Mes collègues écologistes m’ont demandé de porter à cette occasion leur voix dans la discussion : ces deux sujets nous préoccupent en effet fortement.


Je mets l’occasion à profit pour plaider pour une vraie réforme du mode de scrutin législatif : le scrutin majoritaire “sec” a en effet pour conséquence mécanique de faire perdurer cette aberration française, qui fait que l’Assemblée nationale ne compte que 18,5% de femmes. “Elle est même au 65e rang mondial, aux côtés du Bangladesh et du Soudan!”, s’offusque justement Elisabeth Guigou. La proposition du PS – qui vise à “frapper au portefeuille” les partis qui ne respectent pas la parité des candidatures va dans le bon sens et j’exprime notre soutien. Mais je ne peux m’empêcher d’attirer l’attention des collègues socialistes que seul un changement de mode de scrutin permettrait d’instaurer une parité réelle.

Et surtout, je me permets d’interpeller les députés présents sur la faible diversité dans la « représentation nationale » (expression consacrée pour nommer les députés) : celle-ci est justement bien peu représentative de la France d’aujourd’hui que ce soit du point de vue de la parité hommes-femmes bien sûr mais aussi de la sociologie : combien d’ouvriers ou d’employés, salariés du privé, parmi les députés? Combien de députés issus de familles d’immigrés ? Combien de députés de moins de 40 ans ? (moins de 10 en l’occurrence…)


Sur le bouclier fiscal, j’interviens pour rappeler notre opposition à ce dispositif ahurissant en ces périodes de déficits abyssaux, qui constitue réellement le péché originel du sarkozysme. L’occasion nous est fournie de constater que, en passant du statut de député-maire de Troyes à celui de ministre du budget, François Baroin a abandonné une grande partie des convictions qu’il arborait il y a quelques semaines à peine dans les couloirs de l’assemblée, devant les micros des journalistes.

***

Après une course effrénée dans les couloirs du métro puis sur le quai de la gare, je saute in extremis dans le TGV qui me ramène à Nantes où je dois assister à l’inauguration de la mosquée construite dans les quartiers Nord, sur ma circonscription.

***

Aux côtés du président de l’association qui a piloté la construction de ce bel édifice immaculé, qui s’insère parfaitement dans le quartier, le maire, le président du conseil régional, le préfet, des représentants de toutes les confessions religieuses présentes à Nantes, des consuls et des élus du quartier. Tous participent à la joie des musulmans nantais, qui disposent désormais dans la partie nord de la ville d’un lieu de culte décent, digne de l’islam du XXIème siècle.

Je m’attarde à admirer l’architecture sobre et élégante du lieu, et écoute respectueusement les discours irréprochables qui sont tenus. Ils témoignent que, dans la “vraie vie”, les débats et les polémiques médiatiques parisiennes ne sont, souvent, heureusement pas la réalité. N’en déplaise aux intégristes de tous horizons, j’aime – étant moi-même athée – quand la République, par la voix de ses élus locaux et son représentant dans le département, témoigne ainsi de son intérêt et de son respect envers les engagements spirituels de certains de ses citoyens. Loin de la confusion des valeurs et des connivences malsaines qui avaient caractérisé les propos présidentiels à Rome devant le pape, lorsqu’il avait jugé “l’enseignement du prêtre supérieur à celui de l’instituteur”. Mais loin aussi du mépris qu’il est parfois de bon ton d’afficher envers les croyances et les convictions intimes.


Après quelques gâteaux délicieux et un thé à la menthe dégustés dans une ambiance bon enfant au soleil couchant et après quelques photos avec les responsables de l’association, je file saluer les habitants de la Boissière, qui ont organisé au pied de leur immeuble un repas convivial dans le cadre du Printemps des voisins – initiative judicieuse qui, en quelques années, s’est développée dans tous les quartiers nantais. Le lendemain, mon assistant me confiera que son estomac se souvient encore du petit rosé de 21h45 ! Le mien a parfaitement supporté cet ultime geste de convivialité !!

vendredi


Matinée de travail à la permanence, où je retrouve avec plaisir des habitantes du quartier du Breil qui sont engagées dans un projet ambitieux : Depuis trois ans, un collectif de femmes travaille à l’ouverture lieu collectif de services de proximité, ouvert à tous et porté par les femmes. La finalité du projet vise à dynamiser la vie du quartier et développer la mixité en favorisant l’expression des habitants, à rompre l’isolement des personnes, accompagner les familles proposer des services en mutualisant les compétences et savoirs-faire. A long terme, le projet entend générer de l’activité et de l’emploi pour les femmes du Breil : couture et bricolage, garde d’enfants solidaire, lingerie, cuisine…

L’énergie mise à l’émergence de ce projet est la meilleure réponse au déclinisme dont certains se font aujourd’hui les relais. D’autant que ses initiatrices ont les pieds sur terre : leur objectif économique est clair : faire que chaque activité réalisée génère une rentrée d’argent, qui servira à faire fonctionner le lieu à l’année. Elles tiennent d’ailleurs à souligner que ce lieu est loué et non pas prêté par la Ville de Nantes. Le but à long terme est ainsi de réussir à faire fonctionner le projet de manière autonome financièrement, et que les femmes du groupe en soient les gestionnaires.

En écoutant mes interlocutrices, je ne peux m’empêcher de penser à cet éditorialiste d’un grand quotidien libéral qui, fort de son expertise économique et financière, pérorait hier sur une antenne de radio. Il en appelait à “la suppression de toutes ces subventions publiques aux associations qui plombent le budget de la France”.

Mes interlocutrices ne sont pas issues d’écoles de commerce prestigieuses. Elles n’entendent sans doute rien au jeu incompréhensible de la finance internationale et des marchés de capitaux. Mais leur projet est cohérent – même s’il est compliqué, parce qu’il se heurte aux lourdeurs d’acteurs aux logiques et aux périmètres d’action souvent différents. Et j’ai la faiblesse de penser que l’argent du contribuable qui leur est consacré – en proportion ridicule au regard des sommes accordées sans contreparties à certains organismes bancaires – est utile et indispensable.


***


A midi, cap de nouveau sur Nantes Nord, pour partager le couscous annuel de l’association “Casse ta routine” : Un groupe d’habitantes du quartier (encore des femmes!) concocte ainsi un délicieux couscous : les fonds récoltés financeront une sortie pour les familles qui n’en ont pas les moyens. Je déjeune sur place, avec mon équipe parlementaire, et en discutant avec des participants, et non sans avoir pris le soin d’acheter une part à emporter, qui fera la joie des enfants ce soir à la maison.

L’épouse de mon prédécesseur me salue avec chaleur – preuve que la politique n’est pas qu’un monde de brutes. Forte de son nouveau statut multicartes (reine du carnaval, présidente du comité des fêtes et déléguée régionale aux droits de la femme) elle se livre à un numéro de tchatche impressionnant dont elle a le secret : si le propos ne convainc pas toujours – la convivialité ne gomme pas les divergences politiques- , il réussit la plupart du temps à déclencher l’hilarité, ce qui est à l’évidence le but recherché.


***


Après quatre rendez-vous lors de ma permanence hebdomadaire de quartier (recherche d’emplois et de logements encore et toujours mais aussi quelqu’un qui vient me voir tout simplement pour discuter de politique), j’enfourche mon scooter pour rejoindre la maison, avant de repartir assister à un concert organisé par une association de Sautron, Paroles et Musiques, entre Cens et Chézine. L’association a bénéficié d’une partie de ma réserve parlementaire ( je reviendrai sans doute plus tard sur cette spécificité française qui permet aux députés de faire bénéficier des associations ou des collectivités d’aides financières pour développer leurs projets).

En ouvrant le coffre du scooter, horreur : je m’aperçois que j’ai oublié mon couscous au bureau ! Je me console en pensant que cet oubli n’aura pas échappé à un des mes collaborateurs, et que l’œuvre culinaire des femmes de Nantes Nord ne sera pas perdue pour tout le monde !


La semaine se terminera donc pour moi en musique : j’apprécie ce moment de « relâche » et je mesure la chance d’être le député d’une circonscription d’une véritable France en modèle réduit. Ma fille, moins sensible à cet aspect des choses, aurait préféré que nous ne restions pas jusqu’au bout – ce qui à six ans et demi se comprend. Mais, bercé par la voix claire qui s’élève, je savoure l’instant. Au-delà des différences et des inégalités parfois assez criantes, il y a là une même volonté de réunir les gens sans autre but que le plaisir de la rencontre.

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Commentaires: 3

  • #1

    bouttier (vendredi, 28 mai 2010 14:53)

    Je partage votre scepticisme sur l’intérêt de la loi anti-burqa et trouve la position des socialistes très jésuitique: soit ils approuvent la loi, soit ils la combattent, y compris devant le Conseil constitutionnel.
    Je vous signale mon blog politique http://10mai.hautetfort.com/
    Mon dernier post concerne le travail des députés…

  • #2

    Pierre G (vendredi, 28 mai 2010 15:00)

    C’est un vrai plaisir que de disposer d’un peu de temps pour vous lire ! Aussi j’espère qu’il nous sera possible de nous plonger dans votre texte sur les retraites ??

  • #3

    “casse et routine” (jeudi, 10 juin 2010 22:06)

    Au nom du collectif d’habitats “casse ta routine”nous vous remercions Monsieur de Rugis d’avoir été présent ainsi que vos assistants a notre couscous du printemps 2010.C’est la deuxième année que vous nous honoré de votre présence (nous allons finir par vous faire une carte de fidélité)
    Merci a vous et tous les professionnels du quartier très nombreux cette année! de nous encourager et de nous offrir l’opportunité par votre présence de continuer nos actions .
    Au plaisir de vous lire sur votre blog….
    A très bientôt

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