Transparence financière de la vie politique politique : pour l'UMP, circulez, y'a rien à voir !

Transparence sur le revenu des élus, leurs indemnités, la réserve parlementaire, sanctions contre les fraudeurs, financement des partis, prévention des conflits d'intérêts : pour l'UMP, il n'y a rien à changer ! Par 197 voix contre 127, l'Assemblée nationale vient de rejeter la proposition de loi sur la transparence de la vie publique et la prévention des conflits d'intérêts. Discuté le jeudi 1er décembre dernier devant un hémicycle déserté par les députés de la majorité, le texte était soumis au vote ce mercredi 7 décembre.

François de RUGY, avait reçu dans la matinée les responsables de l'association AVAAZ, à l'initiative d'une pétition citoyenne en ligne qui a reçu en un seul jour plus de 68 000 signatures. 

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Lors du vote, le Nouveau Centre s'en est remis à un principe conservateur délétère : un ordre établi ne se conteste pas. «L'autorité vient d'en haut et la confiance vient d'en bas » a rappelé l'orateur du Nouveau Centre qui, en panne de motifs d'opposition au texte a préféré appeler son groupe à ne pas participer au vote plutôt que d'y défendre une position claire et précise.

 

Plus explicite, Claude Bodin, au nom de l'UMP a fustigé un texte qui risquerait, selon lui, de présumer « les élus comme des coupables ». A n'en pas douter, l'actualité judiciaire aura pu nous assurer du contraire lors de cette mandature...

 

"Aujourd'hui, je suis en colère, a déclaré François de Rugy. En colère parce que près de 2 députés sur 5 ont courageusement fui leurs responsabilités, et n'ont pas pris par au vote. En colère parce que les arguments qui nous ont été opposés par l'UMP sont d'une hypocrisie rare. On nous reproche de jeter l'opprobre sur la classe politique, alors que nous voulions justement permettre à chacune et à chacun de constater l'honnêteté de ses élus. Que des élus puissent à ce point ignorer l'exigence de transparence et d'exemplarité qui s'exprime dans la population est proprement ahurissant. Oser nous objecter le "respect de la vie privée des élus" lorsqu'il ne s'agit que de rendre compte de l'utilisation de fonds publics qui nous sont confiés pour exercer un mandat, voilà qui en dit long sur le mélange des genres auxquels certains se résignent".


Bien que rejeté à l'Assemblée, le texte - pour lequel se sont prononcés les députés socialistes - sera prochainement déposé, dans les mêmes termes, par la sénatrice écologiste Corinne Bouchoux au Sénat. Une occasion pour la gauche et les écologistes de démontrer leur volonté d'aller au bout de cette logique de transparence, et de préparer une alternance véritable qui changera aussi la manière d'exercer un mandat politique.